Cthulhu se cache sur Google Map
Pas besoin de se farcir le Necronomicon, ni d’apprendre le latin pour lire le De Vermis Mysteriis dans le texte pour découvrir où se cache Cthulhu, celui qui rêve et attends dans sa demeure de R’lyeh la morte quand on peut trouver cette information précise sur Google Map sans bouger de sa chaise.
Préparez vos randonnées avec le Geoportail
Le Géoportail de l’Institut Géographique National avait beaucoup fait parler de lui à sa sortie, essentiellement en mal. Lenteur catastrophique, ergonomie déplorable, le tombeur annoncé de Google Map faisait bien piètre figure, et malgré quelques évolutions positives, il semblait difficile de vouloir l’utiliser au quotidien, même avec le pire chauvinisme du monde.
Le Géoportail dispose pourtant d’un avantage considérable sur ses concurrents, puisqu’il inclut l’intégralité des cartes cartes IGN, qui font le bonheur des randonneurs. Il est donc maintenant possible de préparer gratuitement ses sorties sur le web avant d’acheter les coûteuses cartes papier qu’on utilisera sur le terrain. Il faut juste personnaliser un peu l’outil pour le rendre vraiment utilisable.
Commencez par vous rendre sur le Géoportail et par sélectionner la zone dans laquelle vous souhaitez vous rendre, soit en cliquant, soit en effectuant une recherche sur votre commune de départ (France continentale dans mon cas).

Changez de vue, et passez en mode Expert. Le mode expert vous permet de sélectionner très finement les possibilités d’affichage, et notamment les degrés de transparence des différentes “couches” proposées par le Géoportail : photographies aériennes, cartes routières, cartes IGN.

Une fois passé en mode Expert, effectuez les manipulations suivantes :
- Désactivez la vue des routes.
- Désactivez la vue des photographies aériennes.
- Passez l’affichage du champ “Carte IGN” à 100%.

Il ne vous reste plus qu’à utiliser l’outil de zoom afin de disposer de la vue souhaitée (1/20000, soit 1 cm == 200 mètres puisqu’il semble que la vue habituelle des cartes d’état major ne soit pas disponible).

Autant être clair, quand Waloo m’a envoyé ce matin préparer mon itinéraire sur le Geoportail, j’étais plus que sceptique quand aux possibilités offertes. Je suis un inconditionnel de Google Map, aussi bien pour une intégration à des applications web qu’en mode consultation. J’ai toujours été bluffé par la rapidité et la simplicité d’utilisation de la solution, et chaque nouveauté ajoutée au service m’arrache généralement des oh ! et des ah ! de ravissement, et je ne change pas facilement de crèmerie.
Le Géoportail est joli, propre, et l’ergonomie a été plutôt bien pensée. L’ensemble serait tout à fait utilisable si des quantités astronomiques de Javascript visiblement pas encore optimisé ne rendaient le tout monstrueusement LENT. Il manque également une vue “IGN” ou “Randonnée” qui permette d’éviter des manipulations fastidieuses à chaque consultation (ou au moins une sauvegarde des préférences de navigation). Le Géoportail n’a rien du Google Map killer qu’on avait voulu nous vendre à son lancement, ne serait-ce que parce qu’il ne s’adresse absolument pas au même public. Il pourrait en revanche rapidement devenir le meilleur ami des randonneurs, à la condition cependant d’être un peu plus rapide.

Google Map ajoute le cliquer déplacer sur le calcul d'itinéraires
Google Map ne cesse de me surprendre de jour en jours, aussi bien par sa richesse fonctionnelle que par la rapidité de ses algorithmes qu’une gigantesque ferme de calcul ne suffit pas à expliquer.
Dernière fonctionnalité de malade en date, le “click and drag” proposé sur leur outil de calcul des itinéraires.
Mettons que je veuille me rendre de Lisieux à Hermival les Vaux…

Mais que je m’aperçoive soudain que j’ai oublié d’acheter un pot de beurre au supermarché de Glatigny (et puis la route de Glatigny est bien meilleure pour remonter à Hermival). Il me suffit de cliquer sur un point de la route et de déplacer celui-ci à Glatigny pour que mon itinéraire soit automatiquement recalculé en temps réel.

Cette vidéo est d’ailleurs beaucoup plus parlante que ces captures d’écran.
Au delà de la prouesse technique qui n’est pas sans me rappeler le jeu Click and Play de l’éditeur Maxis (Sim City) en son temps, je me demande si, malgré son extrême simplicité – je clique, je déplace et ça marche – ce genre d’interface super intuitive est aujourd’hui réellement à la portée d’utilisateurs grand public habitués à des outils beaucoup plus austères, complexes et directifs.
Aujourd’hui, l’ensemble des applications de calcul d’itinéraires existantes nécessitent un nombre important d’étapes bien délimitées : adresse, code postal, ville, pays de départ, d’arrivée et pour chaque étape. Ces dernières sont à préciser en amont de la recherche, et ne peuvent pas être changées sans effectuer une nouvelle recherche, là où Google Map demande simplement une ligne de départ, une d’arrivée, et suggère des alternatives quand il ne trouve pas directement ce qu’il cherche.
Comme rien ne vaut les retours d’expériences, je viens de faire essayer le service de calculs d’itinéraires de Google à une habituée de Mappy. Elle devait se rendre de Rouffiac (17) à Saint Sauveur d’Aunis (17) en passant par Parançay (17). Sa première réaction fut : “c’est nul, on ne peut pas indiquer par où on veut passer”.
Le changement d’usages est là évident : à une habitude consistant à indiquer par où l’on souhaite transiter en amont de la recherche vient se substituer le calcul d’un itinéraire idéal (se prendre les embouteillages à Tonnay-Charente n’est clairement pas ce que j’appelle un itinéraire idéal) que l’utilisateur peut altérer de manière visuelle, simple et avec le calcul du nouvel itinéraire en temps réel, en fonction de ses goûts ou de ses besoins. Sauf qu’aujourd’hui, l’utilisateur ne le sait pas encore, et qu’il n’est pas forcément prêt à une telle mutation.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que ces nouveaux usages pourront facilement convertir une masse d’utilisateurs non geeks, ou sont-ils destinés pour un temps au moins à une communauté d’early adopters ?
Via Ogle Earth et Nicolas
Forcément, ça devait arriver...
- Samedi, atelier Google Map.
- Jeudi, séminaire sur le Web Mobile
- Vendredi, conférence Paris on Rails
Le week-end commençant, ne vous étonnez donc pas de me voir arriver lundi avec une killer app en Rails utilisant la Google Map API à destination des PDA et téléphones mobiles.








Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.