Un premier ministre très 2.0
Un peu surpris ce matin, je découvre que le site officiel du premier ministre, en plus d’une newsletter personnalisable, dispose d’une page RSS et une page de podcasts permettant de suivre les divers communiqués émis par Matignon. Et pour ne rien gâcher, cette page est un modèle du genre comme j’aimerais en rencontrer plus souvent.
La page commence par une excellente définition du RSS, loin de tout effet marketing : précise, scientifique, mais accessible et efficace à la fois.
La syndication permet d’établir des échanges d’informations (textes, liens, images) entre sites internet, qui sont automatiquement mis à jour.
Ce dispositif permet notamment d’afficher sur un site des informations issues d’un autre site tout en conservant sa propre mise en page et sa propre charte graphique (on parle de publication en marque blanche)
S’ensuivent une description du contenu global proposé par les flux, ainsi qu’une liste de flux pertinents : types de documents et grandes thématiques : emploi, éducation, santé…
Par défaut, l’ensemble des fils RSS disponibles proposent les 10 derniers documents recherchés, classés du plus récent au plus ancien. Chaque lien proposé précise le jour et l’heure de publication, le titre du document ainsi qu’un court résumé (lorsqu’il est disponible).
Le meilleur reste évidemment pour la fin : la génération de flux entièrement paramétrables. En trois clics, je peux décider de ce que je vais suivre de l’actualité du premier ministre avec une remarquable granularité :
- Type de document désiré (actualités, communiqués de presse, discours, compte-rendu du conseil des ministres…)
- Thématique, parmi les 70 grands thèmes proposés, ou tous à la fois.
- On valide, et voilà !
Je ne sais pas vraiment qui a mis cela en place, ni quand, mais la présence de flux RSS efficaces, pertinents et bien pensés sur le site officiel du premier ministre montre définitivement que la syndication a largement dépassé l’effet de mode – s’il restait des sceptiques – pour rentrer dans l’ère de la grande production.
Soulagez-vous dans les urnes !
Dans le cas où vous seriez de nationalité français, majeur, titulaire de vos droits civiques, que vous n’auriez pas été irresponsable au point de ne pas aller vous inscrire dans votre mairie avant le 31 décembre 2006 et que vous ne seriez pas déjà sorti de chez vous depuis ce matin, merci de bien vouloir fermer votre explorateur ou votre agrégateur afin de vous rendre dans le bureau de vote le plus proche.
N’étant pas un blogueur influent (mouahahahaha kikooolol) je ne me permettrai pas de vous donner de consignes de votes, ni de vous proposer de vous accompagner jusqu’à la porte de l’isoloir pour être certain de vous voir voter pour le bon candidat. Mais par pitié, votez. Dans le cas où vous vous abstiendriez pour quelque raison que ce soit, vous perdriez de fait tout droit à récriminer contre un président à l’é[le|vi]ction duquel vous n’auriez pas participé.
Ceci était un message à caractère civique. Tout de suite, la reprise de notre programme habituel.

Cartographie subjective de la blogosphère francophone
Histoire de changer des classements d’affluence ou d’influence qui ne servent pour ainsi dire à rien en dehors de flatter l’ego de ceux qui s’y retrouvent en leur donnant l’impression d’être importants, OuiNon propose sa transposition des principaux blogs francophones sur une carte du monde, parmi lesquels j’ai la surprise de me trouver.
J’ai trouvé dans cette expérience une bonne occasion de caricaturer gentiment notre blogosphère, tout en essayant d’apporter un peu plus de sens, en termes de contenus et d’affinités, aux divers annuaires et classements existants. Cependant, tout cela comporte une forte dose de subjectivité et d’approximation. Ne transmettez surtout pas cette tentative cartographique à l’IGN ou au CNRS sinon je suis foutu !

La démarche du monsieur me plaît à plus d’un titre :
- Au niveau purement marketing, il réussit à faire relayer son initiative par de nombreux blogs influents, sans passer par la case de l’insulte gratuite comme d’autres ont pu le faire jusqu’ici.
- Le côté thématique et non qualitatif ou quantitatif de la démarche est intéressant. Pour une fois qu’un tel classement ne cherche pas à montrer qui a la plus grosse.
- Elle m’a forcé à réviser ma géographie d’Amérique Centrale : j’étais persuadé d’être au Nicaragua, je me retrouve en fait au Honduras.
Je suis juste un peu étonné de me retrouver parmi les blogs business / marketing moi qui pensais avoir un blog de geek. C’est toujours bon à savoir.
Les candidats à la présidentielle, la technologie et les standards du web
On lit régulièrement à gauche et à droite (sic) que les standards du web gagnent du terrain, que les usages changent y compris dans le grand public, que ce soient grâce aux pionniers de l’évangélisation ou à la généralisation des plates-formes de publication générant du code conforme aux standards du web. En un mot, il parait que Monsieur Tout Le Monde produit aujourd’hui un XHTML parfaitement valide, accompagné de feuilles de style valides elles-aussi, légères et bien optimisées. Il parait aussi que l’open source et les logiciels libres gagnent du terrain, que ce soient chez les grands comptes ou dans l’administration, et que le monde entier va bientôt communier dans la liberté des outils, des formats et des idées. Seul une petite enclave américaine, dans la province de Redmond, résisterait encore à l’envahisseur…
Comme je n’avais pas grand chose d’autre à faire de ma matinée, je me suis penché sur les sites de campagnes des différents candidats à l’élection présidentielle de 2007, qu’ils détiennent ou non leurs 500 signatures, et sur leurs usages. J’en ai tiré deux tableaux récapitulatifs, le premier sur les technologies utilisées, et le second sur les standards du web, et les résultats ne sont pas bien glorieux.
La technologie
Pour cette première partie, mes critères de sélection étaient :
- Système d’exploitation.
- Serveur Web.
- Technologie utilisée.
| Candidat | Parti | Système d’exploitation | Serveur Web | Technologie |
|---|---|---|---|---|
| François Bayrou | UDF | Linux Mandriva | Apache 2.2.23 | PHP |
| Frédéric Nihous | CPNT | Linux | Apache 1.3.33 | Frontpage (?) |
| Ségolène Royal | PS | Debian | Apache 1.3.33 | PHP |
| Nicolas Sarkozy | UMP | Linux | Apache 1.3.33 | PHP |
| Gérard Schivardi | RDL | Linux | Apache | ? |
| Dominique Voynet | Les Verts | Linux | Apache | PHP (Dotclear) |
| Olivier Besancenot | LCR | Linux | Apache 2.0.54 | PHP |
| Marie-George Buffet | PCF | Debian | Apache 2.0.54 | PHP |
| Christian Chavrier | PF | Fedora | Apache 2.0.51 | HTML |
| Jacques Cheminade | S et P | Debian | Apache 1.3.33 | PHP |
| Philippe de Villier | MPF | Debian | Apache 1.3.33 | HTML |
| Nicolas Dupont-Aignant | DLR | Debian | Apache 1.3.33 | PHP (Spip) |
| France Gamerre | GE | Windows 2003 Server | IIS 6.0 | .NET |
| Jean-Michel Jardy | CNI | Linux | Apache | PHP |
| Arlette Laguiller | LO | Linux | Apache | HTML |
| Jean-Marie Le Pen | FN | Linux | Apache 1.3.37 | PHP |
| Corinne Lepage | Cap 21 | Linux | Apache 2.0.58 | PHP |
Les systèmes d’exploitation.
Une majorité écrasante des candidats est hébergée sous Linux (94,12%) pour 5.88% de systèmes d’exploitation propriétaires.
Les distributions les plus communément rencontrées sont :
- Debian : 5 (29.41%).
- Fedora : 1 (5.88%).
- Mandriva : 1 (5.88%).
52.94% (9) des candidats n’affichent pas la version de leur système d’exploitation (et il serait particulièrement impoli d’aller à la pêche aux informations à coup de nmap sans leur demander avant).
Les serveurs webs
Là aussi, l’open source est à l’honneur, avec 94.5% d’Apaches, pour 5.88% de IIS 6.0
La répartition entre les versions donne :
- Apache 2.2 : 1 (5.88%).
- Apache 2.0 : 4 (23.52%).
- Apache 1.3 : 7 (41.17%).
- IIS 5.0 : 1 (5.88%).
- Version non communiquée : 3 (23.52%)
Langages utilisés
Curieusement, on trouve encore un certain nombre de sites n’utilisant pas de moteur de rendu, mais simplement des pages HTML statiques. PHP reste pourtant à l’honneur, et .NET arrive bon dernier.
- PHP : 11 (64,7%).
- HTML statique : 4 (23.52%).
- .NET : 1 (5.88%).
Je ne suis pas parvenu à voir ce qu’utilisait Gérard Schivardi.
Développement spécifique, solutions hébergées et open source
Une très faible majorité des candidats s’appuie sur des solutions open source (ou admettent les utiliser). Parmi elles, on trouve :
- Dotclear (Bix, on t’a reconnu) : 1 (5.88%).
- SPIP : 1 (5.88%).
La très grande majorité des candidats s’appuie sur un développement spécifique (70.58%), et seuls 17.64% utilisent des solutions hébergées :
- Blogspirit : 1 (5.8%).
- Over-Blog : 1 (5.8%).
- Haut et Fort : 1 (5.8%).
Les candidats et le standards du web
C’est là que les choses se gâtent, puisque les chiffres sont tout simplement catastrophiques : un seul site passe la validation (Nicolas Sarkozy ), une grande majorité de développements en tableaux, et beaucoup de n’importe quoi, à croire qu’un grand nombre de candidats a recyclé les sites de la campagne de 1995.
Mes critères d’étude pour cette seconde section étaient :
- Modèle de développement.
- Doctype.
- Content Type.
- (X)HTML valide
- CSS Valide
| Candidat | Parti | Développement | Doctype | Content Type | (X)HTML valide | CSS valide |
|---|---|---|---|---|---|---|
| François Bayrou | UDF | Divs | XHTML 1.1 | text/html | non | non |
| Frédéric Nihous | CPNT | Tableaux | Aucun | Aucun | non | Pas de CSS |
| Ségolène Royal | PS | Tableaux | XHTML 1.0 Transitionnal | text/html | non | oui |
| Nicolas Sarkozy | UMP | Tableaux | HTML 4.01 Transitionnal | text/html | oui | non |
| Gérard Schivardi | RDL | Tableaux | Aucun | text/html | non | non |
| Dominique Voynet | Les Verts | Divs | XHTML 1.0 Strict | text/html | non | oui |
| Olivier Besancenot | LCR | Tableaux | Aucun | text/html | non | Pas de CSS |
| Marie-George Buffet | PCF | Tableaux | XHTML 1.0 Transitionnal | text/html | non | non |
| Christian Chavrier | PF | Tableaux | Aucun | text/html | non | non |
| Jacques Cheminade | S et P | Tableaux | HTML 4.01 Transitionnal | text/html | non | non |
| Philippe de Villier | MPF | Frames | XHTML 1.0 Frameset | text/html | non | non |
| Nicolas Dupont-Aignant | DLR | Divs | XHTML 1.0 Transitionnal | text/html | non | non |
| France Gamerre | GE | Tableaux | Aucun | text/html | non | non |
| Jean-Michel Jardy | CNI | Tableaux | XHTML 1.0 Transitionnal | text/html | non | non |
| Arlette Laguiller | LO | Divs | XHTML 1.0 Transitionnal | text/html | non | non |
| Jean-Marie Le Pen | FN | Tableaux | HTML 4.01 Transitionnal | text/html | non | non |
| Corinne Lepage | Cap 21 | Divs | XHTML 1.0 Transitionnal | text/html | non | non |
Les modes de développement
On trouve de tout, un peu comme au bon vieux temps de la Samar’ :
- Tableaux : 11 (64.7%).
- Divs : 5 (29.41%).
- Frames : 1 (5.88%).
Une écrasante majorité de tableaux, qui commencerait presque à me faire sérieusement douter de tout ce que j’ai entendu au sujet de l’adoption des standards du web ces deux dernières années.
Les doctypes
Et vous, vous aimez ça comment ?
- XHTML 1.0 Transitionnal : 6 (35.29%).
- Pas de doctype : 5 (29.41%).
- HTML 4.01 Transitionnal : 3 (17.64%).
- XHTML 1.0 Strict : 1 (5.88%).
- XHTML 1.0 Frameset : 1 (5.88).
- XHTML 1.1 : 1 (5.88%).
Les content Types
Ça sert à quoi au juste ?
- text/html : 16 (94.11%).
- Aucun doctype : 1 (5.88%).
La validation (X)HTML
Et là… c’est le drame !
- Oui : 1 (5.88%).
- Non : 16 (94.11%).
La validation CSS
- Oui : 2 (11.76%).
- Non : 12 (70.58%).
- Pas de CSS (style intégré dans les balises) : 2 (11.76%).
Conclusion
C’est… déprimant comme un dimanche de novembre, ne me vois pas d’autre mot.
En tout cas, cela montre qu’un travail d’évangélisation urgent doit se faire auprès des professionnels, en commençant par la base, c’est à dire les développeurs et les intégrateurs. La prochaine fois, si j’ai le temps, je vous proposerai un comparatif des points d’échec de tous ces sites aux tests d’accessibilité. Et si on me paye très cher, des propositions pour une refonte ergonomique… y’a du boulot !
[edit]
Le blog de Dominique Voynet validera certainement quand son attaché de presse cessera de copier / coller des caractères non UTF-8 depuis son Word OpenOffice.org favori. Bix, si tu m’entends…
Le nombre minimum d’erreurs recensé à la validation tourne autour de 30, ceci pour faire taire ceux qui diraient “oui, mais si ça se trouve, ils ne valident pas pour 2 ou 3 erreurs”.








Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.