Flock.com fait peu neuve et en oublie l'open source, les standards et l'accessibilité
Histoire de fêter la version 0.9 de son navigateur social dont j’avais déjà parlé ici, Flock a également remis son site à neuf, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est tout simplement catastrophique.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Flock est un navigateur dérivé de Mozilla Firefox, et intégrant directement de nombreux services du web 2.0 : Flickr, Youtube, un outil de blog… Il est disponible sous Mac OS X, Linux et Windows, et compatible avec la très grande majorité des extensions Firefox. Il semble malheureusement que Flock, la société derrière cet excellent outil ait oublié quelques uns des éléments fondamentaux qui ont fait le succès de son prédécesseur : open source, standards du web et accessibilité.
- Une première page toute en Flash, sans qu’un contenu alternatif autre qu’un bête message marketing ne soit proposé. C’est bien dommage pour les technologies open source, mais surtout pour les personnes ne pouvant utiliser ce site (notamment les déficients visuels) : il s’agit tout simplement d’une présentation des principales fonctionnalités du navigateur.
- Une construction en tableaux, pas un poil de sémantique, on se croirait revenu en 2001.
- Des menus déroulants entièrement en javascript, bonjour l’accessibilité. Quand je désactive ce dernier, je n’ai accès qu’aux liens de premier niveau, ce qui signifie que le contenu du menu est ENTIÈREMENT en javascript. Il aurait été beaucoup plus simple, pratique et accessible de mettre les liens dans des listes en
display: none, avec un peu de javascript pour les faire apparaître ou disparaître. D’ailleurs, ajouter un espace insécable entre les liens du menu n’aurait pas été du luxe, il est inutilisables sans les images de fond. - Des balises pas ou mal fermées, invalides… au total pas moins de 42 (sic) erreurs de validation.
- Et même la hCard de la page de contact n’est pas valide…
On ne le répétera jamais assez, ceux qui croient que les standards sont aujourd’hui largement adoptés vivent dans un petit monde idéal loin des véritables réalités du web, même si de nombreux progrès ont été faits depuis 4 ans.
Il est de la responsabilité des éditeurs de navigateurs de promouvoir l’adoption massive des standards, de l’accessibilité, et, dans une certaine mesure, des technologies ouvertes, aussi bien dans leur produit que dans leur communication. Le leitmotiv de la Mobile Initiative du W3C “développer pour un web” devrait aussi pouvoir s’appliquer aux navigateurs traditionnels, et ces derniers devraient être les premiers à montrer l’exemple.

Flock le navigateur social sort en version bêta
Cela faisait plusieurs mois que l’on n’entendait plus parler de Flock, et je commençais franchement à me faire du soucis pour mon navigateur favori. L’équipe de développement a visiblement décidé de me donner tort en publiant une release candidate de sa prochaine version, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas chômé.
Flock est un navigateur social basé sur Mozilla Firefox, mais dont le code a été modifié en profondeur afin d’offrir à l’utilisateur une toute nouvelle expérience de navigation, et tout ce que je peux dire de cette nouvelle version est que leur but est – au moins partiellement – atteint. La dimension sociale de Flock vient d’une intégration très intelligente des grands services à caractère web 2.0 : Flickr, Youtube, delicious, éditeur de blog, barre de média permettant de télécharger ces derniers pour consultation hors ligne… la liste est impressionnante, le tout avec un travail poussé sur l’ergonomie. Flock accepte évidemment l’ensemble des extensions développées pour son grand frère, et il est disponible sous Linux, Mac OS X et Windows. J’ai adopté Flock lors de sa toute première version publique pour son intégration de Flickr et son système de recherche simultané sur le moteur choisi, dans les favoris locaux et dans les sites récemment visités.

Quoi de neuf ?
My world
Cette version 0.9 apporte un lot de nouveautés considérables, à commencer par My World, une sorte de page personnelle intégrée au navigateur et rassemblant l’ensemble des comptes enregistrés sur l’application (Flickr, Delicous), les favoris, les flux RSS auquel on est abonné, les média téléchargés, et l’intégration des services supportés par Flock… Quelle différence avec un Netvibes ? Eh bien je vois plus My World comme une console de pilotage de mon espace social sur le net – bien qu’il y manque clairement une interaction avec Facebook et Twitter, me permettant un accès rapide vers mes services préférés.

Une refonte complète de l’UI
Le thème de Flock a été très largement revu afin d’y ajouter de nombreuses fonctionnalités discrètes, mais indispensables.
La flock toolbar offre un accès rapide aux principales fonctionnalités du navigateur :
- My world.
- Barre des média.
- Mes favoris.
- Mes comptes.
- Mes flux RSS.
- Bloguer.
- Publier des photos.

À gauche de la barre d’URL, 3 icônes permettent avertissent l’utilisateur de la présence sur le site visité :
- d’un flux RSS.
- d’un média téléchargeable.
- d’un outil de recherche intégrable à Flock.
Et à part ça ?
Les utilisateurs de la version 0.7 de Flock iront voir ce comparatif entre les deux versions. Le point le plus important est – à mes yeux – le travail de fond réalisé sur les performances du navigateur qui ont été vraiment améliorées. Finis les temps d’indisponibilité quand un site présente un peu trop de javascript ou qu’on a ouvert trop d’onglets. La Flock toolbar sait disparaître au bon moment, permettant de gagner de la place à l’écran, et tout cela est très intuitif. Il reste encore du travail pour arriver au navigateur idéal tel que je me l’imagine, mais le résultat est déjà très bon.
Le Web Inspector de Safari 3, un Firebug killer ?
La toute nouvelle mouture de Safari, la navigateur fourni par défaut sur Mac OS X a fait couler beaucoup d’encre, aussi bien pour annoncer son arrivée sous Windows que pour dénoncer les nombreuses failles de sécurité qui l’affectent au point – pouvait-on lire chez les mauvaises langues pommophobes – de concurrencer Internet Explorer toutes versions confondues. C’était évidemment en occulter toutes nouveautés intéressantes, à commencer par le nouveau Web Inspector, la nouvelle suite d’outils Safari pour développeurs web. Et pour cause, puisque cette dernière n’est disponible que sous Mac OS, et qu’elle est surtout désactivée par défaut.
Le Web Inspector de Safari vous permet dans un premier temps d’explorer le DOM de la page en cours et d’obtenir les renseignements relatifs aux différents noeuds présents avec une vue globale.

Il permet également d’afficher le style de CSS appliqué à l’élément en cours. Là où cette fonctionnalité devient vraiment intéressante, c’est que les différents styles appliqués sont affichés dans l’ordre de la cascade, et que les styles écrasés par d’autres appelés plus tard dans la cascade sont barrés.

Mais également les dimensions, marges intérieures et extérieures dudit élément, toujours pratique. Dommage qu’il ne permette pas de repérer les bugs de doublement des marges des éléments flottants sous Internet Explorer !

Enfin, le quatrième volet vous permet de connaître tout ce que vous aviez toujours voulu savoir sur l’élément en cours sans jamais oser le demander ©.

Utiliser le Web Inspector de Safari
Comme nous l’avons vu plus haut, le Web Inspector n’est pas actif par défaut dans Safari, il vous faut donc l’activer avant de pouvoir l’utiliser. Lancez Terminal.app et entrez la ligne suivante :
defaults write com.apple.Safari WebKitDeveloperExtras -bool trueRedémarrez maintenant votre Safari et chargez une page quelconque. Le clic droit vous propose maintenant un menu contextuel “Inspect Element”. Sélectionnez le, vous y êtes.
Et Firebug dans tout ça ?
Firebug est une extension Firefox également disponible sous Flock. Must have absolu pour tout développeur web qui se respecte, elle offre une impressionnante panoplie d’outils permettant d’explorer le DOM, débugger du CSS, du Javascript… Le Web Inspector de Safari peut-il se targuer de remettre la supprématie de cette dernière en question ou bien le fossé entre les deux est-il encore trop important ?
Eh bien malheureusement, et malgré tout le travail effectué, il reste encore beaucoup de chemin à faire aux développeurs de Webkit pour égaler Firebug. Le Web Inspector ne dispose pas (encore) de débugger Javascript, ce qui ne serait pas du luxe sous Safari, et, oh combien frustrant, il n’est pas possible de changer les propriétés des du Javascript, du CSS ou du XHTML à la volée afin d’obtenir le résultat désiré en live sans devoir recharger la page toutes les 5 secondes.
Pas encore un must have, donc, mais un outil bien pratique pour débugger sous Safari, en attendant la vraie caisse à outils dont rêvent tous les développeurs travaillant sous Mac.
Flock, la recherche et Google
À cause de gros problèmes de stabilité, je viens de repasser des nightly builds de Flock, version 0.7.99 vers la dernière version stable 0.7.10. Le moteur par défaut de Flock est Yahoo, contre lequel je n’ai rien, mais auquel je préfère largement Google.
Pour une raison que j’ignore, l’onglet de choix de la recherche est absent du panneau de configuration de la version stable, alors qu’il est présent dans la version de développement, et, de mémoire, qu’il l’était dans la précédente stable, du moins la dernière fois que je l’ai testée.
Si vous souhaitez modifier le moteur de recherche par défaut, il va vous falloir choisir les options de configuration à la main. Dans la barre d’URL, saisissez about:config, puis remplacez les champs browser.search.defaultenginename et browser.search.selectedEngine par Google. Puis, remplacez la valeur de browser.search.defaulturl par http://google.fr/.
Voilà, c’est fait, vous pouvez chercher en paix.

Firefox 2 et SSL 2
En testant la dernière nightly build de Flock, je me suis rendu compte que celui-ci ne supportait plus les versions de SSL inférieures à 3. Je trouve cela particulièrement stupide quand on voit le nombre de sites utilisant de vieux certificats SSL – comme des hébergeurs professionnels, d’autant que ceci concerne aussi les versions 2 et 3 de Firefox.
Le ticket 236933 ouvert chez Mozilla et intitulé Disable SSL2 and other weak ciphers explique les raisons de ce retrait :
Heya,
I would suggest to change the default security-settings … I have disabled the following myself:
SSLv2, all ciphers lower than 128 bit. And it would be even better yo disable md5 and only allow the others like sha-1, …
SSLv2 isn’t secure anymore since some time. SSLv3 and TLS are the only “secure” once to use these days as far as I know. It’s good mozilla includes them “MAYBE” for compatibility, but they shouldn’t be enabled as defaults …
I wouldn’t advise people who use their computer for internet-banking to enable SSLV2, … Ofcourse there are maybe easier ways to break get the necessary info, but disabling the things I mentionned above would help.
En cas de besoin pressant, réactiver SSL V2 reste toutefois possible :
Dans la barre d’adresse, tapez : about:config puis entree
Filtrez sur security.enable_ssl2
Mettez la valeur à true
Je ne sais évidemment pas ce qui est le plus stupide : toujours utiliser une vieille version pas sûre de SSL ou en désactiver et cacher le support. La discussion à ce sujet dans le bug sur le trop faible nombre de sites utilisant SSL V2 ne m’a pas vraiment convaincu. Désactiver le support des anciennes versions de SSL par défaut, en permettre la réactivation en cas de besoin d’une manière plus simple qu’en allant farfouiller dans le about:config, par exemple dans préférences -> avancé -> chiffrement comme c’était le cas autrefois, en l’accompagnant au besoin d’un message prévenant l’utilisateur des risques encourus m’aurait semblé beaucoup plus sensé.
Merci à Jeremy de #flock@irc.flock.com pour son aide.
Head, un éditeur de Microformats pour Flock
Flock, un fork de Firefox qui se présente à juste titre comme le premier navigateur social ne prends pas encore nativement en charge les Microformats.
Pourquoi je préfère Flock à Firefox
Suite à mon billet sur mes dix logiciels favoris, David me demandait hier pourquoi je privilégiais le navigateur Flock à Firefox. Pour rappel, Flock est un navigateur social basé sur une version de Firefox maintenant relativement ancienne, et qui a pris une toute autre direction.
C’est une très bonne question, et comme elle revient plus que régulièrement, je vais lui consacrer un billet, histoire de ne plus avoir à me répéter. Il s’agit là d’une explication, et non d’un billet à vocation prosélyte ou publicitaire réalisé à la demande des gens de Flock, je tiens à être clair là dessus. D’ailleurs, je n’affirmerai pas que Flock soit mieux que les autres, mais je dirai plutôt qu’il correspond mieux à mes besoins sans requérir de ma part d’importants efforts de configuration et de personnalisation.
Vos dix applications préférées
On m’a récemment redemandé quelles étaient les applications que j’utilisais le plus, aussi bien à la maison qu’au bureau.
J’utilise quotidiennement un portable sous Mac OS X et une station de travail sous Windows au bureau, et une autre sous Ubuntu à la maison, ce qui m’oblige à passer régulièrement d’un environnement complètement différent à un autre, pourtant, on retrouve dans tout les cas un certain nombre de similitudes :
Photobucket distribue sa propre version de Flock
Photobucket vient de sortir sa propre version de Flock, lui-même fork de Firefox, ex Firebird, ex Phoenix, lui-même parti des développements du Mozilla browser autrement appelé Netscape 5. Tout le monde suit encore ? Je peux continuer ?
Less is more
Je ne trouve pas vraiment le temps d’écrire ici ces derniers jours, et les billets en cours de rédaction ne manquent pourtant pas ; je me suis tout simplement lancé récemment dans tout un tas de projets qui cette fois ne resteront pas à l’état d’entrée dans mon interminable TODO list. Moins de temps, mais plus de projets intéressants.








Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.