Structure et sens : ne confondons pas les torchons et les serviettes
Jeffrey Zeldman brocarde l’incapacité du W3C à se mettre à l’écoute des besoins des développeurs et designers Web, et prédit que la communauté finira par se tourner vers autre chose faute de n’avoir pas été entendue. Je ne connais pas assez bien le fonctionnement du W3C pour prendre position à ce sujet, mais je vous recommande la lecture de la réponse de Karl Dubost qui est un modèle de diplomatie sans la langue de bois.
L’article de Zeldman me surprend sur un point : en conclusion, il affirme que :
Two things could happen. Either the W3C will make a course correction, or the standards-based design community will look elsewhere.
“Elsewhere” pointe vers les Microformats. Je ne vois pas très bien le rapport.
Je ne vois pas en quoi les Microformats seraient une alternative au w3c. Le principe de base des Microformats est s’appuyer sur les standards du Web, ouverts et largement acceptés afin de résoudre des problèmes liés au sens. La démarche tend vers la résolution de problèmes simples par des méthodes simples : comment signaler que tel ou tel bloc de XHTML sera porteur de tel ou tel sens.
Je vais donner un exemple simple : d’un côté, beaucoup de gens mettent leurs coordonnées sur leur page Web, de manière relativement anarchique. D’un autre côté, il existe vcard un format standard pour les cartes de visites électroniques. Le problème à résoudre est donc simple : comment faire comprendre au navigateur qu’une portion de XHTML correspond à une vcard ? La réponse est simple : en définissant une transposition de vcard en XHTML, hCard.
Le W3C, lui, effectue un travail de fond afin de donner un langage commun pour structurer les pages Web afin d’obtenir un rendu qui sera – théoriquement – le même sur l’ensemble des navigateurs, ou des directives pour rendre le Web accessibles aux personnes visuellement déficientes. Les premiers s’appuient donc sur le travail du second afin de rendre porteur de sens le flot de bits envoyés au navigateur. Ils sont complémentaires, pas concurrents.

Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.
Nicolas Krebs about 1 month later:
«”Elsewhere” pointe vers les Microformats. Je ne vois pas très bien le rapport.
Je ne vois pas en quoi les Microformats seraient une alternative au w3c. »
Mon impression est qu’il pensait probablement au groupe microformats.org et non aux spécification actuellement publiées dans microformats.org. Des personnes y discutent et concoivent pour certains besoins avec certains outils des méthodes et formats, et dans ce cas là, pour ces travaux-ci, microformats.org est une alternative au W3C.
« Ils sont complémentaires, pas concurrents. »
Oui. Tout cela me semble venir d’interactions entres individus, et je ne peux pas comprendre sans toutes les connaitress. On peut espérer que certains parviennent à « rétablir le dialogue » ( http://www.la-grange.net/2006/08/09.html#xhtml2 ), mais en attendant ceux qui veulent travailler hors du W3C (ou à l’intérieur du W3C) le peuvent, et c’est le plus important.
Nicolas Krebs about 1 month later:
Note : concernant le WHATWG, et pour indiquer d’autres opinions, on pourra lire Benoit [sic], « WHATWG : Mozilla, Opera et Safari unis pour préserver le web », geckozone.org, 7 juin 2004, http://www.geckozone.org/articles/2004/06/07/37 -whatwg-mozilla-opera-et-safari-unis-pour-preserver-le-web [saletés d’URI à ralonge] et Eric van der Vlist, « Vers une nouvelle guerre du Web? », xmlfr.org, vendredi 3 juin 2005, http://xmlfr.org/actualites/decid/050603-0001 , deux articles bien plus tranchés que mon point de vue.