Candidatures spontanées, renseignez-vous plutôt deux fois qu'une sur votre futur employeur
Se renseigner en détails sur sa potentielle future société avant même la première rencontre est à plus d’un titre une démarche fondamentale de la recherche d’emploi efficace. Cela montre à la fois votre intérêt pour votre interlocuteur, tout en vous prévenant contre les erreurs d’orientation dont on s’aperçoit parfois seulement après plusieurs mois de période d’essai. Vous évitez ainsi à votre interlocuteur de perdre son temps, tout en faisant de même pour vous. J’avais déjà abordé le sujet à plusieurs reprises dans mes billets consacrés à la recherche d’emploi et au recrutement.
Recrutement, recherche d'emploi et candidature 2.0
Si certains se demandent encore quel peut être le véritable retour sur investissement du temps passé à alimenter un blog comme celui ci quand on peut se contenter de poser son CV sur les sites de recherche d’emploi en ligne, je vous recommande la lecture de cette interview de votre serviteur parue la semaine dernière dans 01 Informatique (et dans laquelle le ton de la journaliste me donne définitivement l’image du dernier des connards prétentieux, pour ceux qui en doutaient encore).
En bonus si vous avez la version imprimée sous la main : une photo de moi en pur jeune cadre dynamique aux dents longues web 2.0, une pure merveille qui devrait vous fournir votre dose de rire pour le week-end (je ne peux pas la publier ici pour des questions de droits d’auteur réservés à 01 Informatique).
De l'entretien d'embauche au déjeuner d'embauche, les prémices d'une mutation ?
Je ne sais pas si la tendance est propre aux NTIC, à Paris, ou aux NTIC à Paris, mais ces deux derniers mois passés à naviguer d’entretien en entretien à la recherche du job idéal me laissent avec le sentiment que les entretiens d’embauche subissent aujourd’hui une intéressante et profonde mutation.
Sur la forme, d’abord, avec l’apparition des déjeuners d’embauche, impensables il y a encore un an. Sur dix entretiens passés auprès de six sociétés, j’ai eu quatre déjeuners, un petit-déjeuner et cinq entretiens formels, sans compter une bière avec un recruteur. Le détail donne les chiffres suivants :
- Les quatre déjeuners, le petit déjeuner et un entretien formel ont été organisés par des sociétés ayant toutes en commun un maximum de 10 ans d’expérience, et une vraie culture web d’innovation inscrite dans leurs fondements. À une exception près, ces entretiens ont tous eu lieu avec le ou les dirigeants de l’entreprise.
- Les quatre autres entretiens ont été organisés par des éditeurs et des sociétés de services traditionnelles, arrivées au web dans le cadre d’une diversification de leur activité de base, sans véritable stratégie web en tant que telle.
Sur le fond, ensuite, avec l’apparition d’une question systématiquement posée durant les entretiens aussi bien techniques que de motivation : ”comment vous voyez-vous plus tard ?”, question inimaginable il y a seulement un an. Au point d’ailleurs de l’avoir plus souvent entendue que le plus traditionnel “pourquoi souhaitez-vous nous rejoindre” et tous ses dérivés. Cette question, symptomatique de la santé et du dynamisme du marché, signifie à mon avis deux choses.
La première, c’est que l’obtention d’un emploi n’est plus vue comme un besoin immédiat, alimentaire, et urgent. Les entreprises recrutent, et elles ont du mal à trouver des éléments correspondants à leurs besoins (des éléments compétents diront certaines mauvaises langues). Les gens compétents sont déjà en poste, et nombreux sont ceux, timides, qui n’ont pas encore osé se remettre à l’écoute du marché. Les employeurs réfléchissent à nouveau en termes de longue durée et de perspective de carrière. Cela fait un moment que je n’ai pas entendu un “oui, j’ai besoin de recruter, mais une fois le projet terminé, je ne sais pas si je pourrai en faire quelque-chose”. C’est vrai dans les agences web, mais également chez les éditeurs plus traditionnels ou dans les sociétés de services.
La seconde, c’est la prise en compte, intuitive ou réelle, de l’apparition de la génération Y dont on entend parler depuis quelques mois, jeune, et qui recherche un travail pour s’épanouir, et non pas pour se nourrir. Ou, sans aller aussi loin, et corollaire de mon point précédent, d’une remise en valeur de l’employé – du collaborateur diront certains – dans la société, après près de six ans de crise et de menaces de délocalisations. Après avoir entendu un jour “tu as de la chance que je te garde, pour le même prix, je pourrais avoir sept stagiaires ou dix indiens”, ce n’est pas forcément un mal.
Si les entretiens d’embauche tendent à changer et à se détendre, faisant moins passer le candidat pour un futur condamné devant le tribunal de l’inquisition, les exigences des entreprises, elles, ont tendance à augmenter, les profils recherchés étant de plus en plus pointus et polyvalents à la fois, s’approchant par moment du mouton à cinq pattes. Le modèle de collaborateur recherché tend à se rapprocher du modèle des indépendants “very quick and clean”, aussi bien chez les développeurs ou les spécialistes que dans les postes d’encadrement. Le domaine du web est extrêmement compétitif, et si les contrats reviennent, les questions budgétaires représentent une part non négligeable des causes d’obtention d’un budget.

Bien préparer ses entretiens d'embauche
La très grande majorité des gens que j’ai vu arriver en entretien d’embauche sans préparation se sont plantés dans les grandes largeurs, et je ne fais pas exception à la règle. Si la plupart d’entre eux n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient faute d’avoir su le formaliser de manière convaincante, d’autres ont tout simplement été recalés à la porte d’un emploi pour lequel ils étaient probablement faits. La préparation d’un entretien d’embauche relève à la fois de l’entraînement du coureur de fond et des essais libres d’un grand prix : il s’agit d’un travail de longue haleine très général ponctué de phases très spécifiques au moment de rencontrer le recrutement d’une entreprise.
Sachez pourquoi vous êtes là
Lao Tseu a dit : “il faut trouver la voie”.
Contrairement à une idée reçue malheureusement bien établie, l’entretien d’embauche sert moins à valider l’adéquation entre ce que votre CV prétend et la dure réalité du monde réel qu’à s’assurer que OUI, vous correspondez bien au profil recherché, et que NON, vous ne dépareillerez pas au sein de l’entreprise. Ainsi, un des pires candidats qu’il m’ait été donné de voir fut celui qui, ne sachant pas ce qu’il cherchait, attendait que nous lui proposions un poste intéressant, motivant et bien payé. Malgré un profil technique sans reproches, son absence de réactions et de motivation flagrant oblitéraient à tout jamais la perspective d’un poste dans l’entreprise et nous conduisit à la limite de la dépression.
Il vous faut donc commencer par savoir ce que vous voulez, ce qui est tout sauf évident : il vous faut en effet arriver à faire la part des choses entre ce que vous avez envie de faire à première vue, ce que vous souhaitez vraiment faire, et ce dont vous êtes capable. Autrement dit, connaître vos atouts, vos faiblesses, avec clairvoyance et humilité mais sans non plus fausse modestie. Difficile de faire ce travail seul, n’hésitez donc pas à vous faire aider : coach personnel, chef d’équipe, ou toute autre personne de votre entourage professionnel qui vous connaisse assez tout en disposant du recul minimum. Dans la plupart des cas, vous aurez l’intuition de ce qui vous conviendra, tout le travail étant de parvenir à le formaliser.
Pour la petite histoire, j’avais conscience depuis plusieurs mois que je n’étais pas fait pour le poste que j’occupais, mais sans parvenir à concevoir ce que je souhaitais réellement faire, et c’est mon employeur qui l’a parfaitement formalisé pour moi durant une pause café. Merci à lui.
Je vais donc vous couper la tête !
Maintenant que vous savez ce que vous voulez, il va vous falloir apprendre à l’exprimer durant les entretiens dans tous les langages possibles, en fonction de la personne en face de laquelle vous vous trouverez : on n’explique pas les choses de la même manière à un chef de projets technique, un directeur des ressources humaines, un chef d’entreprise…
- Que voulez-vous faire ?
- Pourquoi voulez-vous le faire ?
- Comment allez-vous le faire ?
J’ai connu il fut un temps deux commerciaux de SSII totalement opposés et pourtant très efficaces : le premier ne connaissait strictement rien à ce dont il parlait mais plaçait ses mots clé avec un aplomb assez déconcertant, quand son collègue maîtrisait parfaitement son sujet mais avait moins d’aisance à l’oral. Vous allez devoir combiner les deux afin de convaincre votre interlocuteur : parfaitement maîtriser le produit que vous cherchez à vendre – c’est à dire vous – en ayant l’air parfaitement sûr de vous, sans non plus avoir l’air hautain.
Comblez les points faibles de votre CV
Quand je parle des points faibles de votre CV, je ne parle pas de vos points faibles – maîtrise du PHP mais javascript hésitant par exemple – mais bien de ce qui pourrait inquiéter votre futur employeur quant à votre stabilité ou votre fiabilité.
Là, les choses sont simples : dites la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dans la mesure du possible, et si vous choisissez de mentir, faites le en ayant à l’esprit la loi des 30 secondes. Expliquez les choses simplement, sans en rajouter, mais surtout :
- N’en faites pas trop, c’est suspect.
- Ne dites jamais de mal de vos précédents employeurs, c’est très mal vu.
- Ayez l’air crédible.
Encore une fois, l’idée ici n’est pas de montrer que vous êtes le petit frère de Lee Majors, l’homme valait trois milliards qui tombe à pic, mais simplement de rassurer la personne en face de vous : non, vous n’allez ni lui claquer dans les doigts au bout de trois mois, ni découper la moitié de vos collègues en rondelle parce que vous mentionnez “ceinture noire de iaido” dans vos hobbies.
Societes.com n’est pas suffisant
On quitte la partie coureur de fond pour rentrer dans les essais du grand prix : avant l’entretien, renseignez vous de manière poussée sur votre potentiellement future société. Les services donnant les chiffres clé des entreprises sont pratiques, mais bien trop limités :
- Les chiffres sont souvent trop anciens, ou approximatifs.
- Ils ne parlent pas de ce que fait vraiment la société.
- Ils ne vous permettent pas de dire pourquoi vous avez choisi de postuler ou d’accepter un entretien là bas.
Si comme moi vous êtes dans le web, renseignez vous à fond : technologies utilisées, clients, positionnement, orientation, réalisations… Tout ce que vous trouverez pourra être utilisé afin d’expliquer pourquoi VOUS et pas un autre. Attention : il ne s’agit pas de passer la brosse à reluire à votre interlocuteur, mais plutôt de construire une argumentation basée sur l’entreprise et vous. Si vous postulez chez un éditeur de logiciels, utilisez l’outil sur lequel vous développerez afin de pouvoir pointer du doigt ses forces et ses faiblesses si la conversation vous y amène.
Et dans tous les cas, si votre interlocuteur commence à vous raconter des choses que vous savez déjà, laissez le finir !

3 clés fondamentales pour progresser professionnellement
Le monde du travail – et peut-être plus particulièrement le web – est un environnements ultra concurrentiel dans lequel rapidité, qualité et efficacité sont devenus les maîtres mots. Si un environnement motivant et agréable est bien sûr nécessaire pour trouver ses marques, cela passe surtout par un apprentissage constant afin de ne jamais rester à la traîne. Facile à dire, mais pas forcément à faire, surtout quand on enchaîne les journées de 14 heures, encore plus avec une vie de famille. C’est pour cette raison que je vais tenter de vous donner trois clés fondamentales, simples, et non chronophages à appliquer au quotidien afin de progresser professionnellement.
Faites des choses que vous ne savez pas faire
N’imaginez pas progresser en faisant toute la journée quelque-chose que vous savez déjà faire. Dans le meilleur des cas, la routine vous fera stagner, mais elle risque surtout de vous faire régresser tant l’ennui vous ôtera toute motivation. Acceptez des projets comprenant des domaines dont vous ne savez rien, et lors des si redoutés entretiens annuels, demandez à explorer des secteurs inconnus. Les meilleurs ne sont pas ceux qui connaissent leur métier à la perfection, mais ceux qui maîtrisent assez de choses autour de leur coeur de métier pour le voir avec un véritable recul.
Faites des choses que vous n’aimez pas
Il n’y a pas que la technique qui compte, et vous ne progresserez jamais si vous ne faites que des choses qui vous plaisent. En fait j’ai remarqué qu’on choisit souvent – inconsciemment – un poste parce qu’il va nous permettre de faire des choses que l’on déteste. Dans mon cas, quand je suis rentré chez Actualys, les points rédhibitoires m’ont très vite sauté aux yeux :
- Téléphoner.
- Passer des journées entières à manipuler Excel et Powerpoint.
- Prendre la parole en public.
- Planifier des choses.
- M’organiser.
En un mot, tout ce que je déteste. Pas facile pour un chef de projets hein ?
Regardez en arrière pour mieux aller de l’avant
Après chaque projet, chaque livraison importante, prenez une heure ou deux pour regarder en arrière et recenser vos erreurs. C’est sur leur élimination que vous devrez vous concentrer la fois suivante. Inutile de vous flageller avec un bouquet d’orties fraîches en criant “j’ai péché, j’expie” à chacune de vos fautes, cela ne sert strictement à rien. Ce qu’il vous faut, c’est comprendre pourquoi les choses ne se sont pas produites comme elles auraient du, et comprendre ce que vous auriez du faire pour l’éviter. C’est probablement là le point le plus important si vous voulez progresser dans votre vie professionnelle : accepter votre imperfection et vous remettre en question quotidiennement.

10 + 1 conseils pratique à ceux qui refont leur CV
Depuis mes premiers articles sur la recherche d’emploi, je reçois régulièrement des demandes de personnes plus ou moins proches me demandant leur avis à propos de leur C.V. Les questions et les remarques tournant généralement autour des mêmes sujets, il m’a semblé intéressant de les regrouper dans un billet… orienté web, évidemment.
1- Circonscrivez votre cible… et mettez-vous à sa place.
Le CV générique n’existe pas. Votre CV est unique, et à votre image, fruit de vos acquis techniques, professionnels, extraprofessionnels et de vos projets à venir. Élaborez le en fonction de vos aspirations ou de l’emploi pour lequel vous postulez. Dans le cas d’une réponse à une offre d’emploi ou à un appel d’offres, il vous faudra même probablement le réécrire pour le faire coller à l’objectif en cours. Mettez-vous à la place de votre cible, et demandez-vous ce qu’elle s’attendait à recevoir en rédigeant son annonce.
Certains m’ont fait remarquer que ce dernier point relève de la triche, puisque le candidat fait lire au recruteur ce qu’il a envie de lire. Cela n’en est pas : inutile de prendre le recruteur pour un imbécile, il sait de toute manière parfaitement de quoi il retourne.
2- Donnez un titre à votre CV.
Apprenez-vous à vous définir en quelques mots. Cette définition servira de titre à votre CV, et c’est la première chose que le recruteur verra en l’ouvrant. Idéalement, elle contient le libellé du poste recherché et un adjectif explicitant soit votre principale qualité, soit votre ancienneté dans le poste recherché.
Cela donnera :
- Assistante de direction dynamique.
- Développeur web expérimenté.
- Actrice de hentai junior.
- Politicien honnête.
- …
3- Sachez aller à l’essentiel.
Pas la peine de détailler l’ensemble de vos compétences. Non seulement toutes ne vous serviront pas dans le poste que vous recherchez, mais en plus, la concision et l’esprit de synthèse sont des qualités particulièrement appréciées.
Développeur web, détaillez la liste des langages orientés web, les outils et les framework que vous maîtrisez. Inutile en revanche de réciter la litanie des UNIX dont vous maîtrisez l’administration : même si c’est un plus appréciable, on ne devrait pas vous demander de monter des architectures haute disponibilité sous Solaris tous les matins. Résumez-donc en trois mots : administration système UNIX, quitte à rajouter la mention LAMP (Linux, Apache, MySQL, PHP) s’il vous reste de la place et que ces mots n’apparaissent pas déjà ailleurs dans votre CV. Cette dernière remarque vaut particulièrement pour les CV sur le web où les mots clé sont plus importants.
Il est tentant de vouloir être exhaustif et de vouloir en mettre plein la vue du recruteur, mais vous courrez là deux risques :
- Celui de noyer les données importantes dans le flot d’informations.
- Celui de paraître trop compétent pour le poste convoité.
Dans la même veine, inutile de mettre votre numéro de téléphone fixe, mobile, celui de votre chien, de votre chat et de votre poisson rouge. Un numéro de mobile et une adresse mail sont largement suffisants pour vous contacter, et cela fait gagner de la place. Ce conseil vaut aussi pour la date de naissance : date de naissance ou âge, mais les deux ne sont pas nécessaires. Inutile de même de spécifier “nationalité française” si vous ne portez pas un nom à très forte consonance étrangère.
4- Structurez !
Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier, mais apprenez au contraire à structurer votre CV. Trop de gens mêlent formation, diplômes et compétences dans une seule et même section, alors même que ce sont trois choses totalement différentes. Que l’on mélange diplômes / certifications et formation ne me gène pas outre mesure. Mais les compétences ne s’acquièrent pas seulement à l’école, et elles doivent faire l’objet d’une section à part. Cela vaut particulièrement en informatique où ce que vous avez fait à l’école compte beaucoup moins que ce que vous savez réellement faire.
5- Deux pages ne sont pas une fatalité
J’entends souvent la même phrase “zut, j’ai fait deux pages, il faut que je réduise”. Contrairement à une idée répandue, un CV ne doit pas obligatoirement faire une seule page, dès lors qu’on a quelque-chose à y mettre. La preuve, avec 7 pages, le mien ne m’empêche pas d’être contacté presque quotidiennement par des recruteurs et autres chasseurs de têtes.
6- Relisez-vous… à l’envers
Depuis trois ans, j’ai pris l’habitude de relire tous mes billets et mes dossiers à l’envers, dès que j’en trouvais le temps, afin de chasser les fautes que j’aurais laissé passer lors de lectures consécutives dans le bon sens, et ce processus marche merveilleusement bien.
La raison de son efficacité est simple : dans la lecture de gauche à droite, le cerveau va s’attacher au sens, et il ne butera pas sur les fautes. Lors de la lecture à l’envers, les mots sont décorrélés du sens, et le cerveau perçoit les fautes d’orthographe et de grammaire, puisqu’il analyse ce que le lecteur voit indépendamment du contexte.
7- Faites attention au style
Tout comme la grammaire et l’orthographe, le style est particulièrement important. Les phrases doivent être précises et concises, et mettre en avant le poste occupé, les mots clés associés, et les clients pour lesquels vous avez travaillé.
En fonction du pays dans lequel vous postulez, certaines tournures de phrases sont plus appréciées que d’autres :
- Tradition française : chef de projets web en environnement à fortes contraintes de performances et sécurité.
- Tradition anglo-saxonne : j’ai géré des projets web dans des environnements à fortes contraintes de performances et de sécurité.
Si vous travaillez dans l’informatique, n’hésitez surtout pas à rajouter une lignes “technologies” en dessous de chaque expérience dans laquelle vous détaillerez les langages, environnements et outils employés. De même, si vous avez travaillé en agence et que vous ne souhaitez ou ne pouvez pas détailler tous les projets sur lesquels vous êtes intervenu, accompagnez une description succincte du poste occupé d’une ligne “clients” détaillant ceux avec lesquels vous avez travaillé.
8- N’abusez pas des fonts
Tout comme dans les pages web, n’abusez pas des blocs de texte en gras, italique ou soulignés, ni de la couleur. Utilisez-les au contraire à bon escient : pour les titres de partie ou pour marquer les expériences. Certaines personnes mettent en gras les mots clé qui leurs paraissent importants, je ne suis pas particulièrement fan de cette technique. Idéalement, limitez vous à 3 fonts, pas plus.
9- Pensez au CSS “print” pour les CV en HTML
Ceci vaut pour toute personne mettant son CV sur le web au format HTML, mais particulièrement pour les développeurs web.
La plupart des gens qui vont consulter votre CV vont vouloir l’imprimer, que ce soit pour l’archiver, l’avoir avec eux durant l’entretien ou simplement le lire à tête reposée. Aussi, préparez une CSS pour l’impression. Non seulement ils vous en remercieront, mais il se pourrait même qu’ils le remarquent et en tiennent compte.
10- Mettez du concret
Vous travaillez dans le web ? Que votre CV soit en HTML, PDF ou .doc, il vous laisse la possibilité d’y ajouter des liens. Mettez-en vers votre portfolio si vous êtes graphiste, ou vers des sites, des application ou des projets sur lesquels vous êtes intervenu. Vous donnerez ainsi du poids à votre CV, surtout face à quelqu’un au CV équivalent. De même, si vous participez à des projets open source majeurs et / ou en relation avec le travail pour lequel vous postulez, ou que vous avez des responsabilités associatives, n’oubliez pas de le mentionner, cela vous donnera plus de relief.
11- En dernier lieu, faites vous relire
Une fois ces conseils suivis, votre CV épluché, lu et relu dans tous les sens, demandez à quelqu’un de vous relire. Ça ne coûte rien, et cela vous donnera un avis extérieur sur un travail fastidieux et sur lequel on n’a généralement que très peu de recul.

L'épineux problème des questionnaires d'embauche
On lit souvent un peu tout et surtout n’importe quoi à propos à propos des entretiens d’embauche dans les NTIC, et le sujet des tests techniques n’est évidemment pas en restes. Entre les adeptes du test pratique comme seul déterminant possible de la valeur d’un candidat et les zélotes du QCM de 200 questions à réaliser en trente minutes, difficile de faire son choix. Toutes proportions raisonnables gardées, l’un et l’autre ont pourtant leurs avantages. Le test pratique vous permet de voir en peu de temps comment travaille votre candidat. Cependant, 3 requêtes dans une base de données ne garantissent pas la qualité du travail sur le long terme, ni les capacités de reprise d’une application complexe, ancienne, et développée par plusieurs personnes. Le QCM vous assure que votre développeur a un profil purement technique et qu’il a bien appris par coeur fr.php.net. Mais un développeur n’est pas (seulement) un pisseur de code, et rien ne vous garantit qu’il sera capable de réfléchir le jour où il sera confronté à un problème vraiment sérieux. Sans compter qu’on ne peut pas demander la même chose à quelqu’un qui sort de l’école et à un senior avec 10 ans d’expérience.
Ces derniers temps, j’ai pas mal réfléchi à ce que pourrait être le questionnaire technique “idéal”. Complément du test technique, il “idéal” pourra être donné aussi bien au junior qu’au senior, et me renseigner à la fois sur sa maîtrise du langage et sur ses capacités à réfléchir. Le candidat ne devra pas passer plus d’une demi-heure dessus, et il devra comporter une dizaine de questions très ouvertes afin de s’adapter à tous les niveaux. Un exemple de ce qu’on pourra y trouver serait comment vous connectez-vous à une base de données MySQL ? Cette question a ceci d’intéressant qu’elle appelle aussi bien la réponse mysqlpconnect() / mysqlselect_db() que des considérations sur les librairies d’abstraction de base de données.
Dans tous les cas, une fois posé le principe, le plus difficile est de trouver les questions poser.
Je ne dirais pas que KDE est bon à jeter, mais dans le doute, ils ont même prévu un Konqui recyclable
Sachez déléguer en toute sérénité
On n’a pas toujours le temps de prendre en charge tous les projets que l’on vous propose, particulièrement quand on travaille en indépendant. Pourtant, l’habitude de traiter seul les projets de A à Z se perd difficilement, et il n’est pas toujours évident de déléguer une partie du travail à quelqu’un. Quelques précautions élémentaires permettent pourtant de se lancer sans trop de tracas.
Assurez-vous que votre collaborateur ait le profil idéal pour la mission
Mieux vaut être seul que mal accompagné, dit-on. Aussi, assurez-vous que la personne pressentie pour vous assister conviendra parfaitement pour la mission, sous peine de perdre plus de temps que vous en gagnerez. Choisissez quelqu’un possédant à la fois le profil métier adéquat, et un solide sens de l’autonomie. Cette personne devra travailler seule sur une partie précise de la mission, et vous ne devriez avoir de contact avec elle qu’au moment des points projet et des rendus de livrables.
Définissez clairement le scope de la mission
Déterminez très clairement le contexte, les objectifs, le périmètre et les étapes de la mission afin de lever toute ambiguité sur les tâches à réaliser.
- Le contexte : dans quel cadre plus général la mission se positionne-t-elle ? Pour quelles raisons a-t-elle été lancée ? Quelles ont été et sont les grandes étapes planning ?
- Les objectifs : quels sont les objectifs précis de la mission ? Les objectifs plus généraux dans le cadre d’un projet global ? Les objectifs en termes de délais à tenir, de livrables ?
- Le périmètre : quelles sont les limites de la mission en termes de temps, de budget, de ressources ? Quelles sont ses limites fonctionnelles, techniques ? Quelles contraintes externes s’imposent-elles à vous ?
- Les étapes : quelles sont les étapes de développement et de livraison s’il y en a ? Quelles réunions ou point de contrôle sont prévus ? Un processus a-t-il été mis en place ? Si oui, lequel ? Quelles en sont les grandes dates ?
Définissez, ensemble, les responsabilités de chacun
Un partage des tâches efficace ne s’envisage pas sans partage des responsabilités, et c’est souvent là que le bât blesse. Il vous faudra apprendre à faire confiance à votre partenaire… au moins jusqu’à un certain point. Déléguer implique d’accepter de se reposer partiellement sur une tierce personne, pas simplement une redistribution de tâches.
Déchargez-vous des tâches chronophages, puisque c’est à cause d’elles que vous déléguez une partie de votre travail. Établissez la répartition ensemble, afin d’éliminer toutes les questions qui pourraient venir à l’esprit de votre collaborateur.
Établissez une check-list des points à réaliser, et partagez-vous les tâches et les livrables en fonction du temps que chacun a prévu de passer sur la mission. Établissez un document énumérant :
- Les tâches à réaliser.
- Les dates de rendu.
- La liste des livrables.
- À qui elles sont assignées.
Intégrez votre partenaire dès le début du processus
N’attendez-pas le dernier moment pour inclure votre partenaire, mais intégrez le au contraire dès le début de la mission, en fonction de ses responsabilités. Dans la mesure du possible, laissez lui les décisions en amont pour toute la partie le concernant. Non seulement il aura une bien meilleure vue du projet, mais en plus il pourra apporter son expertise dans ses domaines d’intervention.
Définissez des itérations
Établissez un processus itératif. Pour chaque étape de la mission, prévoyez des dates de livraison des livrables, des périodes de validation, de retour sur livrables, et de modifications. Comme pour tout projet utilisant une gestion de ressources, commit early, commit often, vous perdrez moins de temps en détectant les problèmes à la source. N’attendez pas, surtout si la suite du travail de votre collaborateur est subordonnée à votre validation.
Communiquez, communiquez, et communiquez encore… à double sens
Communiquez souvent, régulièrement, et à double sens. Faites des points projet réguliers, et à double sens. Exposez votre avancement à votre partenaire, et envoyez-lui l’ensemble des livrables préparés afin qu’il se tienne au courant de l’avancement du projet. Déléguer le travail peut être un véritable plaisir, si les affaires sont rondement menées.

Tant qu'à exploiter des stagiaires, exploitez les tôt !
L’insertion d’un élément au sein d’une entreprise dès les études – et notamment à l’occasion des divers stages qui jalonnent son parcours est un investissement des plus avisés. La future recrue est intégrée au groupe existant et formée aux méthodes de l’entreprise avant sa véritable arrivée dans la vie active. Cela permet non seulement de se rendre compte rapidement du véritable potentiel du candidat, mais aussi de créer une “période d’essai à rallonge” quand un ou trois mois peuvent ne pas suffire à évaluer quelqu’un, particulièrement sur des projets à long termes.
Durant l’année passée, j’ai eu l’occasion de côtoyer ou de gérer des stagiaires à bac +2, bac +3 et bac +5, tous se dirigeant vers un bac +5, et de dégager une tendance intéressante : la motivation à apprendre du stagiaire est inversement proportionnelle à son avancée dans son parcours estudiantin. En grossissant un peu peu le trait, ce que j’ai pu voir donne globalement :
- À bac +2, ils sont motivés, peuvent passer 3 jours à résoudre un problème complexe, ont une énorme soif d’apprendre, de se former et de se remettre en question.
- À bac +3, après un premier stage, ils ont tendance à croire qu’ils connaissent tout de la vie en entreprise, et sont moins à l’écoute. Je les ai sentis globalement moins en attente que ceux de la génération précédente.
- À bac +5, ils abattent du boulot, un peu plus que la moyenne dans l’espoir d’être embauchés rapidement, mais ils ne cherchent plus ni à apprendre, ni à se remettre en question, ni à progresser. Ils attendent un “vrai salaire”.
Se remettre en question quotidiennement, aussi bien sur le plan technologique que méthodologique est fondamental si on veut pouvoir avancer au delà de ce qu’on a appris à l’école, et qui est le plus souvent décorrélé d’un projet en grandeur réelle, et c’est dommage que ce réflexe se perdre à mesure que les années d’étude passent. Je crois de plus en plus en l’accompagnement des futurs collaborateurs d’une entreprise tôt dans le cycle d’études, charge à l’entreprise de proposer des conditions suffisamment attrayantes au stagiaire afin de le garder sur le long terme. Cela nécessiterait probablement de revoir un peu la fiscalité des entreprises de notre beau pays afin de permettre de payer un stagiaire plus de 320 euros par mois sans se prendre tout un tas de charges sur le coin de la figure, par exemple en augmentant le plafond en fonction du nombre d’années d’études, tout en mettant en place des contrôles plus poussés afin d’éviter les abus.
En tout cas, si vous avez déjà encadré des stagiaires à ces trois niveaux d’études, ça m’intéresserait de connaître votre ressenti sur leur ratio soif d’apprendre / années d’études.

Sociétés de services : c'est pas la taille qui compte, c'est la manière dont on s'en sert
Vendredi dernier, je devais conseiller au pied levé un ancien camarade d’école, deux promotions en dessous de moi, confronté à un dilemme cornélien quant à son avenir professionnel : à salaire, clients et avantages égaux, valait-il mieux qu’il fasse son stage de fin d’études dans une petite ou une grosse SSII ? Souvent considérées – pas toujours à tort – comme les négriers du XXIème siècle, les Sociétés de Services en Ingénierie Informatique représentent aussi un formidable tremplin pour les jeunes diplômés, à condition de ne pas craindre les heures supplémentaires. Grands comptes, projets d’envergure, missions de longue durée permettent de se constituer très rapidement un CV alléchant, propre à vous faire rejoindre quelques années plus tard la DSI d’un de vos anciens clients, ou à vous constituer le réseau professionnel dont vous aurez besoin le jour où vous voudrez voler de vos propres ailes. Le tout est de bien commencer, et de savoir quand s’arrêter.
Pourquoi rejoindre une grosse ?
L’époque où le seul moyen pour une petite société d’intégrer de gros comptes était de sous-traiter ses ressources à un partenaire plus gros est heureusement révolu. Aujourd’hui, les plus petits peuvent coopérer avec les plus grands. Avec seulement deux ans et demi d’existence, Actualys en est une preuve parmi d’autres. Cependant, sur les projets vraiment majeurs – plusieurs dizaines de personnes, planification sur plusieurs années – les postes à responsabilité seront systématiquement tenus par la société qui dirige le projet, bien qu’il soit possible de tirer son épingle du jeu aux moments critiques. Tout est une question de compétences et de vivacité d’esprit, mais ne comptez pas en tirer une quelconque gloire en dehors de votre équipe.
Les très grosses SSII ont généralement un système d’avancement établi, tous les deux ou trois ans, au rythme des inévitables et redoutés entretiens annuels. Le plan de carrière est tout tracé : technique les premières années, puis fonctionnel ou management après, jusqu’en haut de l’échelle pour les meilleurs. C’est un des points souvent appréciés de ces sociétés : la visibilité sur l’avenir et sur les possibilités d’évolution.
J’en profite pour introduire une digression dans mon propos.
Je souris toujours quand je reçois des CV de futurs diplômés à la recherche d’un stage de fin d’études en tant que chefs de projets. Mon livre de chevet du moment dit avec raison qu’on ne peut être un bon supérieur si on n’est pas d’abord un bon inférieur, et que pour bien commander, il faut d’abord apprendre à bien obéir. On ne peut pas concevoir un projet en grandeur réelle sans en avoir réalisé un, tout comme une ceinture noire en UML et MS Porject ne permettent pas à elles seules de résoudre des situations de crise. Et puis, code is fun tant qu’on choisit bien son langage. Bannissez PHP et Java de votre existence, ça ira mieux.
Fin de mon aparté.
Autre avantage des grosses SSII pour ceux que ce genre de détails intéresse : le comité d’entreprise. Pour certains, il s’agit d’un point non négligeable au moment de choisir une entreprise, et vous avez peu de chances d’en trouver un dans les petites structures. Un comité d’entreprise, cela signifie généralement les places de cinéma moins chères, et les chèques vacances à la fin de l’année.
Et une petite ?
Comité d’entreprise, carrière planifiée au millimètre, plus de chance d’avoir des responsabilités sur les projets vraiment majeurs, dès lors, pourquoi choisir une petite SSII ? Ces dernières ne semblent pas vraiment avantagées, et pourtant, je leur ai toujours donné ma préférence, pour 3 raisons précises.
Il est plus simple de se faire remarquer dans une petite société
Performant, mais en bas de l’échelle, vous avez beaucoup plus de chances de vous faire remarquer par vos employeurs au sein d’une petite société qu’au sein d’une grande, dans laquelle le cloisonnement hiérarchique ne permettra pas forcément à vos exploits de se répandre. Inversement, vous avez plus de chances de voir vos conneries rester au niveau de votre commercial traitant dans une grosse société.
Les responsabilités arrivent plus rapidement
Que vous soyez sur un projet en régie ou au forfait, chez le client ou à domicile, vos supérieurs vous confieront plus facilement des responsabilités s’ils vous côtoient au quotidien, et s’assurent par là même de vos compétences, et peuvent s’affranchir de l’inertie hiérarchique propre à certains grands cabinets. J’ajouterais que le côté relation humaine est beaucoup plus présente, encore plus quand votre entreprise travaille aussi au forfait.
Les perspectives d’évolution sont généralement plus variées
Bien que ce ne soit pas toujours le cas, particulièrement dans les entreprises pratiquant la monoculture technologique, une petite structure offre souvent une plus grande diversité de missions et de postes pour un profil donné. Les raisons en sont simples :
- Le nombre de ressources est moins important.
- La taille humaine de la structure permet de mieux connaître ses collaborateurs.
Le jour où vous postulerez, tâcher donc de cerner les pôles technologiques de votre futur employeur, afin de savoir à quoi vous pourrez être amené à toucher. Renseignez-vous ensuite sur les possibilités de formations en interne afin de faire, à terme, ce qui vous plaît dans un environnement qui vous plaît.
C’est pas la taille qui compte…
Une fois de plus, rappelez-vous que ce n’est pas la taille de la société qui compte, mais la manière dont vous envisagez votre carrière en son sein. Une fois que vous savez ce que vous voulez, renseignez-vous soigneusement sur les conditions de travail réelles, et pas sur ce que vous font miroiter des commerciaux ou des recruteurs le plus souvent payés à la commission, et donc prêts à tout pour vous faire signer un contrat.
Enfin, dernière recommandation, ne faites pas (toujours) confiance aux camarades de promotion qui vous promettent monts et merveilles : il y a de grandes chances pour qu’ils soient grassement récompensés le jour où ils vous feront rentrer dans leur société. Selon les cas, la cooptation peut rapporter plus de 1000 euros par personne embauchée, ce n’est pas rien. D’ailleurs, ça me fait penser qu’Actualys embauche toujours des développeurs web PHP, Java et Ruby on Rails. N’hésitez pas à postuler en disant que vous venez de ma part : de toute manière, je ne gagnerai pas un centime dessus.








Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.